Margaret Hamilton

Directrice du département génie logiciel (« software engineering », terme de son invention) du MIT Instrumentation Laboratory
"Si l'ordinateur n'avait pas reconnu le problème et entrepris ces actions de récupérations, je doute qu'Apollo 11 aurait réussi son atterrissage sur la Lune comme il l'a fait."
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BIOGRAPHIE

Margaret Hamilton, née le 17 août 1936, est une informaticienne et mathématicienne américaine. Elle débute une licence en mathématique en 1955, et se lance également dans la création de programmes informatiques. Après avoir obtenu sa licence de mathématique en 1958, elle compte au départ poursuivre dans ce domaine et intégrer l’université de Brandeis. Elle choisit finalement de rentrer au MIT (Massachusetts Intitute of Technology), où elle développe des programmes informatiques. Elle commence par coder des programmes informatiques pour faire de la prévision météo. Mais à partir de 1961, elle intègre le laboratoire Lincoln du MIT, et travaille sur le projet militaire SAGE (Semi-Automatic Ground Environement), qui a pour but, la détection des avions. En 1961, elle quitte le laboratoire Lincoln, pour le laboratoire Drapper, toujours au MIT. Elle travaille sur le programme Apollo pour la NASA, et plus particulièrement sur les programmes chargés de la navigation et de l’alunissage d’Apollo 11. Elle est rapidement nommée responsable de l’équipe en charge de développer l’Apollo Guidance Computer, l’ordinateur qui a joué un rôle essentiel dans la réussite de la mission. Après cela, elle est également en charge de l’équipe chargée du développement informatique pour la mission Skylab, une station spatiale orbitale lancée en 1973. Son travail apporte de nombreuses améliorations dans la conception de système et dans le développement de logiciel, mais également dans les langages informatiques, et bien d’autres domaines. Elle est également à l’origine du concept de logiciel asynchrone, de gestion de priorité (ce qui sauve par ailleurs la mission Apollo 11, suite à une défaillance du radar) et des possibilités de décision avec l’intervention humaine, qui sont les bases de la conception de logiciel fiable encore aujourd’hui. En 1986, elle créait sa propre entreprise, Hamilton Technologies, qui met au point un nouveau langage de programmation nommé Universal System Language. Celui-ci est développé à partir de son expérience sur les divers projets confié par la NASA au MIT. Les travaux de Margaret Hamilton ont contribué à l’ouverture de l’informatique aux femmes.

APOLLO 11

Au laboratoire Draper elle travaille pour les missions du programme Apollo de la NASA sur les logiciels embarqués dans les vaisseaux spatiaux qui doivent prendre en charge la navigation et l'atterrissage sur la Lune. Elle devient responsable de l'équipe chargée du développement du logiciel embarqué utilisé par les missions Apollo puis Skylab. Elle acquiert ainsi une solide expérience sur la conception des logiciels à une époque où les méthodes de gestion et de conception des projets informatiques en sont à leur balbutiement. Dans le cadre de ces projets informatiques, son domaine d'expertise concerne la conception de système et de développement de logiciels, la modélisation de processus, la conception de systèmes de prévention, le paradigme de développement, les systèmes formels et des langages informatiques de modélisation, la conception et de la programmation orientée objet, la gestion automatisée des cycles de vie, les méthodes de fiabilisation et de réutilisation des logiciels, l'analyse de domaine, l'exactitude de propriétés linguistiques intégrées, les techniques d'architecture ouverte pour des systèmes robustes, l'automatisation du cycle de vie complet, l'assurance qualité, l'intégration transparente, les systèmes distribués, les techniques de détection d'erreur et de récupération, les systèmes d'interface homme-machine, les systèmes d'exploitation, les techniques de test bout en bout et des techniques de gestion du cycle de vie. Elle innove dans le domaine du processus de construction des programmes de vols et de leur environnement de développement, en normalisant et en rationalisant ces processus dans toutes les phases de développement, qui sont réutilisés de version en version, ou entre les logiciels du LM et le CM, jusqu'au programme Skylab.

UNE FEMME DE LA NASA

Dans les années 1960 Margaret Hamilton constituait une exception dans le milieu scientifique essentiellement masculin dans lesquels les postes de responsabilité technique étaient rarement attribués aux femmes. Toutefois, l'informatique était encore peu reconnue, et peu prisée par les hommes11. Mère d'une petite fille, elle devait affronter les critiques des personnes qui ne comprenaient pas qu'une mère puisse poursuivre une carrière en parallèle. Malgré les réalisations et les innovations de Margaret Hamilton, la proportion de femmes dans ce domaine reste faible. Elle est notamment citée dans l'initiative de Maia Weinstock pour que Lego crée des figurines pour rendre hommage aux « femmes de la Nasa ».